Né en 1985, à Mende (Lozère), Ludovic Chaptal est un poète-ouvrier.
Lauréat du concours organisé par l'Académie en 2021, il oeuvre à la promotion du patrimoine poétique français au sein du "Centre d'Etudes Poétiques et Littéraires de Lozère" et des "Poètes en Berry".
Il a également obtenu le premier prix ex æquo dans la catégorie poésie néo-classique adultes pour son poème : le myosotis (symbole de la résilience), lors du concours "un poème pour la paix"
Il est secrétaire du Centre Poétique Léon Bourrier à Mende depuis avril 2025 après en avoir été le président durant de nombreuses années. Il est également membre du Conseil d'Administration du l'Académie des jeux floraux de l'Agenais - le Jasmin d'Argent, association créée en 1920 et basé à Agen (Lot et Garonne).
Dictée du Musée des Vallées Cévenoles
à Saint-Jean du Gard (30)
Le dimanche 7 décembre 2025
La sole
Répondez-moi messieurs ! Instruisez-moi mesdames !
À quoi pouvait servir cet étrange soulier
Dont la semelle arbore un style singulier ?
Était-ce l’attribut d’un diable aux pieds de flammes ?
Était-ce une chaussure antique de football ?
Était-ce un outil sûr pour percer les mystères
Des contes relatés, jadis, par nos grands-mères ?
Était-ce le sabot d’un pâtre cévenol ?
Enseignez ma pensée ! Éclairez ma requête !
À quoi pouvait servir cet épais godillot ?
Était-ce pour tirer un encombrant chariot ?
Était-ce pour pousser l’opulente charrette ?
Était-ce pour changer le roc en gravier
Avec, pour les mollets, des cadences musclées ?
Était-ce pour danser, loin des amours sacrées,
Les nuits de pleine lune au bal d’un sorcier ?
Dites-moi bonnes gens, d’orthographe, férues,
À quoi pouvait servir ce mocassin clouté ?
Est-il quelqu’un, ici, qui l’a déjà porté
Dans des clèdes, des prés ou peut-être des rues ?
Ludovic CHAPTAL
Délégué de la Lozère de l’Académie de la Poésie Française
Secrétaire du Centre Poétique Léon Bourrier de Mende
La voix de l’eau…
(Cascade de Déroc)
Des gouttes, par milliers, blanches, frappent le roc…
Des gouttes, par milliers, légères dans leur chute
Au rythme régulier d’une eau sereine et brute
Dansent dans le tumulte et chantent sous le choc !
Des gouttes, par milliers, hautes, en terre d’oc
Se jettent en cascade, incessante culbute
Que le frêne contemple et dont l’homme discute
A l’heure des regrets comme à celle du coq.
Des gouttes, par milliers, jaillissent dans le vide
En un profond concert où l’orchestre limpide
Cogne sur le basalte et grogne dans le bois…
Des gouttes, par milliers, tombent à la seconde
Imperturbable cri qui se brise sur l’onde…
Et, l’Aubrac, en silence, écoute cette voix !
Ludovic Chaptal