Gandolfo Cascio est professeur de Littérature italienne à l’Université d’Utrecht. Parmi ses essais, l’on peut citer Michelangelo in Parnaso. La ricezione delle «Rime» tra gli scrittori (Marsilio, 2019 ; trad. anglaise: Brill, 2022) et Dolci detti. Dante, la letteratura e i poeti (Marsilio, 2021 ; prix Nino Martoglio). En tant que poète, il a publié ses textes dans des magazines et des anthologies (également en anglais, néerlandais, slovène et bientôt en traductions arabes) et les livres Admeto. Poesie dell’amore perfetto (Mobydick 2005) et Ik bemin (Serena Libri 2009). Il travaille actuellement sur un nouveau recueil intitulé Giovenzio.
Poèmes
Une semaine sans changer
les draps, passée dans ce lit,
sur le balcon, cachés sur l’étoile.
L’après-midi à dormir,
se nourrir de sucre avec de tendres
cuillères en argent.
À se mentir en se disant
que c’était le dernier baiser.
(Extrait d’Admeto. Poesie dell'amore perfetto, Mobydick 2005)
*
Le beau garçon a une belle chevelure
tourmentée, beau est son nez parfait
comme la rayure lunaire, son dialecte
barbare et la coupe baroque
de son fessier. Je reste à ses côtés
alors qu’il m’oublie dans son sommeil.
Seul, je suis le martyr de mon orgueil.
(Extrait de Ik bemin, Serena Libri 2009)
*
Heureux mes
vers d’amour.
Cette fois, ils parlent d’un jeune
romain, du suprême moteur
d’une quelconque couleur obscure
– je m’en souviens bleu ou noir –
et de la course sur l’allée de la grande villa
connue dans le monde, allongé sur l’épaule
un peu courbée, et la main qui va [...]
avec la douceur et l’expertise
de la louve.
Peu après, le grand butin :
combien de petites perles sur le sable,
la bordure radieuse sur la broderie
américaine du léger blouson.
Ah, quel gâchis !
(Inédit)